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Catherine Le Yaouanc, Chief Executive Officer de la “Francobritish Chamber of Commerce & Industry” vous oriente.
Cadrexport : Que faut-il savoir concernant la recherche d'emploi en Grande Bretagne ?
Catherine Le Yaouanc : Le rôle des cabinets de recrutement est primordial. Si en France, plus de 60% des postes sont pourvus à la fois par connaissance et par recommandation, en Grande-Bretagne, un pourcentage identique de postes est pourvu par les cabinets de recrutement. Ces mêmes cabinets sont très spécialisés. Outre le fait de répondre aux demandes des sociétés, ils ont aussi une démarche de prospection. Ceci permet au candidat d'être proactif. Sur le marché anglo-saxon qui est très efficace et pragmatique, il faut tenter de se conformer à cette façon de faire en s'adressant aux cabinets. Concernant le volume des offres, il faut savoir que la flexibilité de la loi engendre une mobilité de l’emploi et par conséquent, contrairement à la France, les beaucoup de les britanniques changent d’emploi plus volontiers que les français. Par ailleurs, il y a beaucoup plus d'emplois nécessitant peu de qualifications et/ou à temps partiel. La démarche la plus simple pour un français consiste à se rendre sur place. Il est possible de trouver un premier travail en très peu de temps. Vous pouvez bien sûr, postuler aux offres de France mais tôt ou tard, le recruteur souhaitera vous rencontrer, donc autant vous rendre sur place.
Cadrexport : En Grande-Bretagne, la totalité des postes à pourvoir est visible, ce qui n'est pas le cas en France ...
Catherine Le Yaouanc : C'est exact. C'est parce que la plupart des offres d'emploi passent par les cabinets de recrutement.
Cadrexport : Outre les cabinets de recrutement, il est possible de trouver des offres sur les sites internet et dans les journaux bien sûr …
Catherine Le Yaouanc : Oui. Les cabinets sont très spécialisés. Il faut donc trouver les cabinets qui travaillent dans votre secteur d'activité. Il faut aussi s'adresser au « Job Centre » qui est l'équivalent de Pôle Emploi en Grande-Bretagne. S'adresser à l'institution que je représente, également.*
Cadrexport : Qu'attendent les recruteurs anglo-saxons des français ?
Catherine Le Yaouanc : Contrairement à la recherche d'emploi, les méthodes de recrutement sont standardisées. Il faut savoir ce que vous avez à apporter à une entreprise mais c'est aussi vrai en France. Un recruteur anglais vous demandera généralement une bonne maîtrise de l'anglais. Etre français peut-être un atout mais il faut à la fois, savoir se vendre et rester humble.
Cadrexport : Dans quels secteurs les français ont-ils des chances de trouver du travail et quels profils sont les plus demandés ?
Catherine Le Yaouanc : Le secteur de la finance et des hautes technologies sont des secteurs très actifs. Les ingénieurs sont très demandés et d'une façon générale (et cela est vrai pour toute l'Europe) tous les métiers à forte valeur ajoutée, sont recherchés. Les entreprises cherchent des gens à vraie valeur ajoutée. Parfois il faut pas avoir fait de longues études mais plutôt un IUT ou DUT.
Cadrexport : Concernant la recherche de stage : que faut-il savoir ?
Catherine Le Yaouanc : Le stage tel que nous l'entendons en France, n'existe pas en Grande Bretagne... Il y a trop de demande par rapport à l'offre : quand 1% de la population étudiante britannique veut venir étudier en France, 90% de la population étudiante française veut aller étudier en Grande-Bretagne... De plus, les étudiants du monde entier souhaitent faire un stage en Grande Bretagne, qu'ils soient indiens, africains ou chinois …. Enfin, le système des stages en Grande- Bretagne ne fonctionne pas du tout comme en France. Les formations dans les « Business Collège » au sein des universités, durent 4 ans et en 3ème année, un stage d'une année (ou de 6 mois) est prévu dans une entreprise anglaise ou étrangère. Les durées inférieures à 6 mois n'existent donc pas dans le système culturel et éducatif britannique. D'où la difficulté de trouver des entreprises pour de tels stages.
Concernant les stages de 6 semaines ou deux mois par exemple, qui sont généralement destinés à améliorer l'expression de l'étudiant en anglais, il vaut mieux trouver un travail dans la restauration par exemple. C'est la meilleure solution pour apprendre une langue très vite. C'est une très bonne expérience. De plus, elle est rémunérée...
Pour les recherches de stages proprement dits, il faut passer par des agences de placement qui sont payantes. Il faut prévoir 500 Euros environ. Ces agences font un travail d'agence de recrutement et prévoient un logement. Elles sont mandatées pour trouver un français, par des entreprises qui ont un projet de développement en France ou sur un marché francophone. Elles testent le niveau d'anglais du candidat et si les critères de niveau de langue et le profil sont en adéquation avec le poste, le propose aux entreprises. L'étudiant est encadré parce que s'il y a un quelconque problème avec le stage en question, l'agence lui trouvera un autre stage. C'est la même chose pour ce qui concerne le logement. Ces agences proposent donc à l'étudiant et à sa famille, un recours en cas de difficulté, ce qui est rassurant ….
Nous travaillons depuis des années avec les deux ou trois agences qui figurent dans notre guide. Nous n'avons eu aucun problème, jamais. C'est pourquoi nous les recommandons.
Cadrexport : Avez-vous un conseil à donner aux étudiants qui veulent faire un stage en Grande-Bretagne ?
Catherine Le Yaouanc : Je conseille à ces jeunes de ne pas écrire de lettre. Ça ne sert à rien car il n'y aura pas de réponse. Le mieux est de passer par les agences en leur téléphonant et de voir avec elles. D'être patient. Un stage ne se trouve pas en 8 jours. Nous sommes dans des cultures très différentes. En France, le placement se passe par connaissance, ce qui n'est pas le cas en Grande-Bretagne.
Cadrexport : Qu'y a-t-il à faire ou à ne pas faire ?
Catherine Le Yaouanc : Il faut faire attention à la façon dont on se comporte. Ne pas rechigner à la tâche lorsque l'on est en apprentissage. Rester souriant et à l'écoute. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas se faire respecter.
Cadrexport : Nous avons de plus en plus de candidats de langue maternelle anglaise qui cherchent du travail en France. Nous avons vu que le fonctionnement entre britanniques et français est très différent ...
Catherine Le Yaouanc : Les anglais qui viennent travailler en France font un choix de vie. Contrairement aux français qui en allant travailler en Grande-Bretagne, font en général un choix de carrière. Dans ce choix de vie, s’il est facile d'acheter une maison en France, il est difficile d'y travailler et on ne travaille pas en France comme on travaille en Grande-Bretagne... C'est quelque chose qui est souvent oublié dans la démarche. Il n'y a pas en France, une flexibilité du travail telle qu'on peut la trouver en Grande-Bretagne (actuellement il faut environ entre 15 jours et trois semaines pour trouver du travail en Grande-Bretagne alors qu'en France, il faut environ 6 mois). Il y a une mobilité en Grande-Bretagne qui n'existe pas en France. Les britanniques sont pragmatiques alors que les français sont plutôt paternalistes. Ces fonctionnements ont une influence sur le volume des offres.
Les liaisons entre la France et la Grande-Bretagne ont facilité les échanges mais n'aident pas à comprendre les différences culturelles existantes. Elles sont pourtant importantes.
Les britanniques pensent qu'il faut passer par des agences de recrutement et s'adressent à des cabinets qui n'ont pas de demande les concernant. Ils se retrouvent alors, hors réseau et hors circuit.
Cadrexport : Que leur conseillez-vous ?
Catherine Le Yaouanc : De se mettre plutôt en rapport avec des PME/PMI qui souhaitent se développer à l'étranger. Les profils anglo-saxons représentent une vraie valeur ajoutée du fait de leur langue, leur culture et leur réseau. Il faut également qu'ils comprennent l'importance du fonctionnement en réseau, en France...
Interview réalisée par Diane Pinelli le 11 juin 2010
Il nous a semblé intéressant de mettre de nouveau cette interview en avant car son contenu est toujours aussi pertinent.
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Catherine Le Yaouanc
Chief Executive Officer
Francobritish Chamber of Commerce & Industry
31 rue Boissy d'Anglas, 75008 PARIS
Fax : 33 (0)1 53 30 81 35
www.francobritishchamber.com
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