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Exclusif : Anne-Marie IDRAC, Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, explique ses mesures de soutien à l’emploi

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Anne-Marie IDRAC Crédit : Gilles Rolle - agence Réa

Exclusif : Anne-Marie IDRAC, Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, explique ses mesures de soutien à l'emploi

Cadrexport : Dans le communiqué de presse accompagnant la sortie des  résultats du commerce extérieur*, vous présentez 2009 comme « l'année de  la réforme ». Nos « colonnes » rendant compte des activités de l'Equipe de France de l'Export et d'une façon générale, des mesures de  soutien à l'appareil exportateur français, pourriez-vous nous expliciter les orientations stratégiques de cette réforme et l'impact attendu sur  notre économie nationale ?


Anne-Marie IDRAC : La politique de soutien au commerce extérieur que j’ai mise en place depuis ma prise de fonctions, dans le prolongement de l’action de Christine Lagarde, a été guidée par la volonté de soutenir le plus efficacement les entreprises exportatrices. Cela s’est manifesté en premier lieu par la mise en place de mesures financières destinées à éviter que des opportunités d’exportation ne soient perdues, faute de financement adéquat en raison de la crise. J’ai demandé à la Coface de mener une politique de couverture volontariste, créé une garantie publique de l’assurance-crédit (CAP et CAP+ Export) pour pallier les défaillances des assureurs-crédits, élargi le champ d’intervention de l’assurance prospection, et renforcé les mesures d’accompagnement des PME à l’international (via Ubifrance et Oseo). En complément de ces mesures sectorielles, la suppression de la taxe professionnelle et la pérennisation du crédit impôt recherche représentent d’importants « boosters » de compétitivité pour nos entreprises dans la compétition internationale.

2009 a également été l’année du quasi-achèvement de la réforme d’Ubifrance, l’agence française pour l’internationalisation des entreprises. Ses moyens ont été significativement augmentés afin de  mieux soutenir les efforts de prospection des entreprises françaises, particulièrement des PME et des entreprises innovantes. Le déploiement des bureaux d’Ubifrance à l’étranger a vécu sa troisième vague l’année passée et nous nous apprêtons à mettre en place la quatrième vague, ce qui permet d’offrir aux entreprises un service professionnel au plus près des marchés à conquérir.

Vous le constatez, 2009 a été une année de multiples chantiers. Ces efforts ont contribué à ce que le commerce extérieur français traverse la crise sans précédent du commerce international de l’année passée dans des conditions moins mauvaises que nos principaux partenaires. La France a tenu son rang de sixième exportateur mondial de biens et quatrième pour les services, maintenu sa part de marché mondiale et ses parts de marché vis-à-vis des pays de l’OCDE, alors que celle de l’Allemagne s’est légèrement réduite.


Cadrexport : Quels en sont les bénéfices attendus pour 2010 ? Pouvez-vous d’ores et déjà les quantifier ? Nous indiquer qui ou quels secteurs en seront les premiers  bénéficiaires ?

Anne-Marie IDRAC : Pour 2010, alors que l’OMC attend une forte reprise du commerce mondial (+9,5% contre -12% l’an passé), la France doit être prête à en tirer parti. L’année n’est pas assez avancée pour disposer de résultats significatifs. Nous constatons toutefois sur les premiers mois 2010 une augmentation des exportations de plus de 6% par rapport à l’année passée. Il faut que cette tendance se confirme et s’amplifie. En termes sectoriels, la pharmacie et les produits de santé, les matériels de transport demeurent des points forts du commerce extérieur français, mais il ne faut évidemment pas oublier les autres secteurs d’excellence à l’international que sont l’agroalimentaire, le luxe, les green-techs au sens large, etc.


Cadrexport : Quels sont les dispositifs (même indirects) destinés à  aider les candidats à l'emploi ?


Anne-Marie IDRAC : J’ai fait de l’emploi à l’international un axe fort de mon action car je considère que c’est un vecteur capital de l’internationalisation de notre économie. C’est aussi un puissant atout pour « l’employabilité ». Le volontariat international en entreprise (VIE) est un atout formidable pour les jeunes, qui peuvent inscrire sur leur CV une première expérience à l'international. 70% des anciens VIE trouvent un emploi dans le mois suivant la fin de leur mission. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que le VIE soit mieux connu des étudiants en fin de cursus, mais aussi plus largement de tous les candidats à l’emploi à l’international. Le site civiweb.com recense un grand nombre d’offres, permet aux candidats de déposer leur dossier et de faire le lien avec les entreprises. De nombreux conseils y sont également disponibles. J’ai par ailleurs demandé à Ubifrance, chargé de la gestion des VIE, et à Pôle emploi international, de mieux coopérer. La convention signée à l’automne dernier vise à mieux orienter les candidats selon leur profil entre les offres de Pôle emploi et celles des VIE.


Cadrexport : Dans cette période de crise, quels dispositifs vont aider les employeurs à recruter pour l’export et leur développement international ?

Anne-Marie IDRAC : Le développement à l’international d’une entreprise est le résultat d’une démarche pensée et préparée. Le volontariat international en entreprise répond à cette logique en permettant le recrutement de jeunes dont la mission est spécifiquement de prospecter à l’étranger et d’entretenir les liens commerciaux des entreprises françaises. A cette fin, le régime du VIE a été enrichi en 2009 pour rendre l’embauche de VIE plus attractive, tant financièrement qu’au niveau organisationnel. Ce dispositif « VI Primopass » permet à des TPE ou à des primo-exportateurs d’utiliser une partie du temps d’un volontaire, dans des conditions financières avantageuses. Le volontaire est hébergé par les bureaux Ubifrance à l'étranger, ce qui ôte le poids des charges de structure aux entreprises. Le VIE est placé sous la responsabilité du directeur local d’Ubifrance afin de garantir le respect des engagements qualité du travail des volontaires. Enfin, j’ai fait inscrire dans la loi sur la  formation professionnelle de l’automne dernier l’intégration des VIE dans le quota de salariés pris en compte pour le calcul du taux de la taxe d’apprentissage. Cette mesure, très incitative pour l’embauche de VIE, permettra aux entreprises de disposer plus aisément d’une main d’œuvre spécifiquement destinée au développement à l’international.


Cadrexport : En quoi la politique actuelle favorise la création d'emploi en France pour les groupes multinationaux ?

Anne-Marie IDRAC : La politique économique du Gouvernement vise à promouvoir la création d’emploi pour l’ensemble des entreprises, pas uniquement pour les groupes multinationaux. C’est tout le sens des mesures visant au renforcement de la compétitivité des entreprises, comme la suppression de la taxe professionnelle, la défiscalisation des heures supplémentaires, l’assouplissement des modalités d’embauche et des conditions de départ (rupture conventionnelle du contrat de travail).


Cadrexport : Et en quoi la politique actuelle favorise l'installation en  France de nouvelles entreprises étrangères ?

Anne-Marie IDRAC
: La France a été en 2009 le troisième pays d’accueil au monde des investissements directs à l’étranger. Après Tokyo, Paris est la ville qui accueille le plus de sièges parmi les 500 entreprises du classement Fortune Global. C’est dire que l’attractivité du territoire français est reconnue au niveau international. Le renforcement continu de cette attractivité passe par les mesures de politique économique dont j’ai déjà parlé, mais aussi par toutes les mesures en faveur de l'innovation (pôles de compétitivité, crédit impôt-recherche reconnu par l’OCDE comme le plus attractif, réforme des universités) et de l’attraction des compétences et talents du monde entier avec la mise en place de nouveaux titres de séjours pluriannuels pour les dirigeants étrangers et leurs salariés dans les filiales en France (titres « compétences et talents » et « salariés en mission ») ainsi que la création en 2009 d'une nouvelle carte de résident d'une durée de dix ans pour contribution économique exceptionnelle.

Anne-Marie IDRAC
Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur

http://www.exporter.gouv.fr/exporter/


* Les résultats du commerce extérieur

Interview réalisée par Diane Pinelli - Cadrexport - Avril 2010





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