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« Faut-il s’implanter en Chine ? » - Spécial Chine

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David Debet
Cadrexport : Quel est le rôle des CCI dans l'implantation des entreprises françaises en Asie ? et lorsqu'elles sont implantées ?

David Debet : Notre action à l'international s'inscrit aujourd'hui dans un dispositif d'accompagnement élargi, une "équipe de France de l’export" qui regroupe différents acteurs : le réseau des chambres de commerce et d’industrie en France, celui des 114 chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger (CCIFE) implantées dans 78 pays, Ubifrance et son réseau à l'étranger, le comité national des conseillers du commerce extérieur de la France, OSEO et COFACE.

Parallèlement se mettent en place des structures du type « CCI International », qui grâce à une mutualisation des moyens à l’international de chacune des CCI locales, permettent la mise en place d’un expert référent sur chaque zone géographique. C’est le cas de l’Auvergne, un des précurseurs de cette mutualisation, où j’interviens auprès des entreprises ayant une problématique de développement international sur l’Asie.

L'objectif de ce dispositif : simplifier et de rendre plus accessible le dispositif d’appui aux entreprises à l’international, clarifier l’appui apporté aux entreprises en utilisant au mieux les atouts de chacun, rentabiliser et mutualiser les efforts, créer des synergies, pour répondre aux besoins des entreprises.

Ce dispositif trouve tout son sens en Asie, continent qui accueille depuis plusieurs années une part considérable des investissements français, et sur lequel l'accompagnement en amont et en aval est un facteur clé de succès.

Cadrexport : Quel bilan de l'action des CCI est-il possible de dresser à ce sujet ?

David Debet :  Un bilan très positif si l’on en croit le nombre croissant de membres des CCIFE (1300 pour la CCI française de Chine), essentiellement des filiales d’entreprises françaises ou des sociétés locales créées par des français !

Des moyens importants ont été mis en oeuvre, notamment en Chine, pour accompagner les PME françaises sur le « monde chinois ». Parmi ces moyens, le "Plan Chine", stratégie du réseau consulaire initiée par l’ACFCI et la CCI française en Chine a été initié il y a 2 an. L'objectif était de faciliter et sécuriser l’accès des PME au monde chinois en leur proposant un éventail de services en amont (journée d’informations, missions de prospection sur place, réalisation de guides, etc.), allant jusqu’à un accompagnement sur place très poussé (assistance dans la recherche d’un local, aide au recrutement, insertion des dirigeants dans les réseaux locaux).

Cadrexport : Quelle est la tendance des entreprises en ce moment ? S’implantent elles toujours en Asie ?

David Debet : Oui. L’Asie « émergente » continue d’attirer les entreprises françaises, pour des raisons différentes. Alors que certaines s’y implantent pour tout simplement bénéficier d’avantages comparatifs, l’effet « low cost », ou encore pour accompagner des donneurs d’ordres qui les « invitent » à les suivre. D’autres, plus optimistes, sont essentiellement motivées par le développement d’un marché local au potentiel gigantesque, et sur lequel il faut être présent avant que la place ne soit trop chère. Au risque parfois d’être arrivé trop tôt…

L’Empire du Milieu, même s’il n’est pas épargné par la crise et a dû revoir ses prévisions de croissance à la baisse (8% contre 13% en 2007 et 9% en 2008), continue d’attirer le plus grand nombre d’entreprises françaises, même s’il faut reconnaître que le ticket d’entrée est aujourd’hui nettement plus élevé qu’il y quelques années, notamment autour des grands centres urbains. Les autorités chinoises sont également devenues plus sélectives dans les types d’investissements étrangers qu’elles accueillent.

Le récent Livre Blanc des Investissements en Chine précise que le chiffre d’affaires de nos entreprises en Chine représente au moins deux fois et demie celui qu’elles réalisent sur ce pays en exportant à partir de la France. Alors que l’on a souvent tendance à se focaliser sur les exportations, le véritable enjeu économique en Asie semble plutôt tenir à la capacité de nos entreprises à développer leur activité sur le territoire.

Cadrexport : Avec la crise, beaucoup se posent des questions sur la stabilité économique de l’Asie. Y a-t-il un risque accru pour les entreprises ?

David Debet : La stabilité de l’Asie, et de la Chine en particulier, fait couler beaucoup d’encre. Si l’on se réfère aux différentes crises qui ont touché l’Asie ces dernières années, on remarque qu’elles ont été de façon récurrente, très violentes, mais qu’elles se caractérisent toutes par une reprise rapide.

Les entrepreneurs français qui investissent en Asie en sont persuadés. Pour eux, la reprise est déjà en route, et les dernières prévisions de croissance de la Chine, considérée par la Banque Mondiale comme la « planche de salut de l’Asie », sont un signal fort en ce sens. 

Cadrexport : Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent venir travailler en Asie ?

David Debet : Dans un premier temps de bien mûrir ce projet, d’être particulièrement motivé, et de se renseigner préalablement auprès de sa CCI locale. Celle-ci pourra notamment informer les candidats à l’expatriation sur des formules comme le VIE (Ubifrance), un statut intéressant pour une première expérience (de 6 à 24 mois) à l’étranger.

Ensuite, le candidat se doit d’être réaliste !

Les recruteurs vous le diront, travailler aujourd’hui en Chine, ou plus largement dans le monde chinois, sans maîtriser au minimum le mandarin et l’anglais, n’est quasiment plus possible. Il est donc indispensable de bien se préparer en amont pour se différencier.

Enfin, adapter ses exigences au marché du travail local. L’obtention du statut d’expatrié relève aujourd’hui du miracle sauf à être « le mouton à cinq pattes » parlant cantonais, mandarin, français et anglais tout en étant spécialisé dans les algorithmes financiers... De façon générale, le candidat se verra généralement offrir un contrat local « plus ». La concurrence est rude. J’ai croisé beaucoup de jeunes américains qui débarquent en Chine en vous proposant de travailler à salaire nul, tout simplement pour étoffer leur CV. Evidemment, il est inutile d’imaginer bénéficier des mêmes acquis sociaux qu’en France, que ce soit en termes de durée hebdomadaire de travail, de congés ou encore de protection sociale.

Pour conclure, travailler en Asie est une formidable expérience, souvent difficile mais très valorisante. Les possibilités d’évolution peuvent être rapides pour des candidats motivés (même jeunes et pas forcément sur-diplômés !). C’est surtout une formidable terre d’opportunités pour celui qui possède un esprit d’entrepreneur car monter une affaire y est généralement beaucoup plus simple qu’en France.


Interviews réalisées par Diane Pinelli en décembre 2009

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David Debet
Conseiller en Développement International
CCI International Auvergne
Email : ddebet@auvergne.cci.fr
Tel: 04 71 09 90 14






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